CHANNAH
« Il y avait un homme de Ramathaïm-Tsophim, de la Montagne d’Éphraïm, du nom d’Elqanah, fils de Yeroham, fils d’Éliyhou, fils de Tohou, fils de Tsouph, Éphratien. 2 Il avait deux femmes : le nom de l’une était Channah, et le nom de la seconde, Peninnah. Peninnah avait des enfants, mais Channah n’avait pas d’enfants. 3 D’année en année, cet homme montait de sa ville à Shiyloh pour adorer et pour sacrifier à YHWH Tsevaot. Là étaient les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, prêtres de YHWH. 4 Il arrivait que, le jour où Elqanah sacrifiait, il donnait des portions à Peninnah, sa femme, à tous les fils et à toutes les filles qu’il avait d’elle. 5 Mais il donnait à Channah une portion à double narine, car il aimait Channah, mais YHWH avait fermé sa matrice. 6 Sa rivale la vexait pour la pousser à s’irriter parce que YHWH avait fermé sa matrice. 7 C’est ainsi qu’elle agissait, d’année en année, chaque fois qu’elle montait à la maison de YHWH. C’est ainsi qu’elle lui causait du chagrin, si bien qu’elle pleurait et ne mangeait pas. 8 Elqanah, son homme, lui disait : Channah, pourquoi pleures-tu et pourquoi ne manges-tu pas ? Pourquoi ton cœur est-il triste ? Est-ce que je ne vaux pas pour toi mieux que dix fils ?9 Channah se leva après avoir mangé et bu à Shiyloh. Et le prêtre Éli était assis sur un siège, près de l’un des poteaux du temple de YHWH. 10 Elle, ayant l’âme remplie d’amertume, pria YHWH en pleurant, en pleurant. 11 Et elle fit un vœu, en disant : YHWH Tsevaot ! Si tu regardes, si tu regardes l’affliction de ta servante, et si tu te souviens de moi, et n’oublies pas ta servante, et que tu donnes à ta servante un enfant mâle, je le donnerai à YHWH pour tous les jours de sa vie, et aucun rasoir ne passera sur sa tête. 12 Il arriva que comme elle multipliait sa prière devant YHWH, Éli observait sa bouche. 13 Or Channah parlait dans son cœur, elle ne faisait que remuer ses lèvres et on n’entendait pas sa voix. C’est pourquoi Éli estima qu’elle était ivre, 14 et Éli lui dit : Jusqu’à quand seras-tu ivre ? Éloigne-toi du vin. 15 Channah répondit et dit : Je ne suis pas ivre, mon seigneur, je suis une femme affligée en son esprit, je n’ai bu ni vin ni boisson forte, mais je répandais mon âme devant YHWH. 16 Ne donne pas à ta servante les faces d’une fille de Bélial, car c’est l’excès de ma douleur et de mon affliction qui m’a fait parler jusqu’à présent. 17 Éli répondit et dit : Va en paix ! L’Elohîm d’Israël accordera ta requête, ce que tu lui as demandé ! 18 Elle dit : Que ta servante trouve grâce à tes yeux ! Et cette femme s’en alla son chemin. Elle mangea et ses faces n’étaient plus les mêmes. 19 S’étant levés tôt le matin, ils se prosternèrent devant YHWH, puis ils s’en retournèrent et revinrent dans leur maison à Ramah. Elqanah connut Channah, sa femme, et YHWH se souvint d’elle. 20 Il arriva, quelques jours après, que Channah devint enceinte et enfanta un fils. Elle l’appela du nom de Shemouél, parce que, dit-elle, je l’ai demandé à YHWH. 21 Cet homme, Elqanah, monta avec toute sa maison pour sacrifier à YHWH le sacrifice annuel et son vœu. 22 Mais Channah ne monta pas, car elle dit à son mari : Lorsque le garçon sera sevré, je le ferai venir. Il sera vu en face de YHWH et habitera là pour toujours. 23 Elqanah son mari lui dit : Fais ce qui est bon à tes yeux, reste jusqu’à ce que tu l’aies sevré. Seulement que YHWH accomplisse sa parole ! Ainsi, cette femme resta et allaita son fils, jusqu’à ce qu’elle l’ait sevré. 24 Elle le fit monter avec elle quand elle l’eut sevré, avec 3 jeunes taureaux, un épha de farine et une outre de vin. Elle le fit venir à la maison de YHWH à Shiyloh. Le garçon était encore garçon. 25 Ils tuèrent un jeune taureau et ils amenèrent le garçon à Éli. 26 Elle dit : Excuse-moi, mon seigneur ! Aussi vrai que ton âme vit, mon seigneur, je suis cette femme qui me tenais en ta présence pour prier YHWH. 27 J’ai prié pour avoir ce garçon, et YHWH m’a accordé la requête que je lui demandais. 28 Aussi, moi je l’avais demandé pour YHWH : il sera demandé pour YHWH tous les jours de sa vie. Ils se prosternèrent là devant YHWH. » 1 Shemouèl 1 : 1-28.
Avant que le Seigneur ne me révèle le sens du choix de Channah, j’ai toujours été perplexe en lisant cette histoire. En effet, comment est-il possible qu’une femme aussi affligée dans son cœur à cause de sa stérilité, puisse prier le Seigneur de lui donner un enfant pour l’abandonner aussitôt ? Car pour moi, le fait de le confier à Eli après l’avoir sevré revient à un abandon, et revient donc à ne pas avoir d’enfant. Avoir un enfant ne consiste pas seulement à mettre au monde, mais aussi à en prendre soin, à l’aimer, à le voir grandir, etc. Je dirais même que mettre un enfant au monde et l’abandonner, est une plus grande douleur que de ne pas en avoir. D’où ma perplexité. Pourquoi vouloir un enfant si c’est pour le confier à quelqu’un d’autre peu après sa naissance ? Un si grand désir d’enfant n’est pas censé déboucher sur un abandon ! Alors pourquoi Channah a-t-elle fait ce choix ? Pour le comprendre, étudions son histoire.
Remarquons d’ailleurs qu’il est assez rare dans la Parole du Seigneur que l’histoire des parents des héros de la foi soit mentionnée, à moins qu’eux-mêmes aient été des héros de la foi (Abraham, Yitzhac et Yaacov). Mais en général, on les mentionne seulement en rapport avec la généalogie, ou simplement pour appuyer le fait que la naissance dudit prophète était miraculeuse, c’est ainsi qu’on connait l’histoire des parents de Moshé ou de Samson, etc. Par conséquent, mentionner Channah dans les Ecritures signifie que ses actes, ses paroles revêtaient une telle importance, que son histoire ne devait pas être occultée. Ce qui signifie que lorsque la Bible relate un moment de la vie d’une personne, d’une femme, avec autant de détails, c’est que le Seigneur désire que nous y prêtions attention et qu’il y a un enseignement spirituel à en retirer.
PENINNAH, L’IVRAIE
Il est dit que chaque année, Elqanah et sa famille se rendaient à Shiyloh pour adorer et sacrifier à YHWH des armées. Alors que Channah n’avait pas d’enfants, l’auteur mentionne « tous les fils et toutes les filles », de Peninnah, ce qui laisse sous-entendre qu’elle avait beaucoup d’enfants. Malgré le fait qu’elle avait été bénie en ayant un grand nombre d’enfants, Peninnah était incapable d’en ressentir du contentement. Car au lieu de se satisfaire de cette bénédiction, Peninnah voulait rajouter aux souffrances de Channah en la vexant pour la pousser à s’irriter. Information très importante, il est mentionné que Peninnah agissait de cette manière « d’année en année, chaque fois qu’elle montait à la maison de YHWH ». Comprenons donc qu’au moment où cette famille quittait son foyer pour se rendre à la maison de YHWH dans le but de l’adorer, au jour du sacrifice, Peninnah vexait Channah pour la pousser à s’irriter contre la volonté de YHWH. Car la stérilité de Channah n’était pas due à un problème de santé qui lui était propre, mais c’était le Seigneur lui-même qui avait fermé sa matrice. C’est dire la méchanceté de cette femme qui, au lieu d’adorer YHWH, au lieu de se repentir de ses péchés, agissait comme une occasion de chute, ayant pour objectif de pousser Channah à la rébellion contre la volonté d’Elohîm. Cette caractéristique la place donc parmi l’ivraie. En effet, il n’est pas rare que lorsque l’ivraie côtoie le blé, les choses se passent de cette manière.
Quand le Seigneur nous éprouve, il peut permettre que nous soyons malades, ou affaiblis. Il peut même permettre que tout s’écroule autour de nous. Il peut toucher à ce qui compte pour nous, et faire de nous un objet d’opprobre. Il peut nous laisser dans un désert, où nous nous sentons désespérément inutiles. Surtout que beaucoup de femmes vivent dans des sociétés où malheureusement leur utilité est examinée en fonction de leur capacité à mettre au monde. La femme n’est plus considérée comme ce vis-à-vis, semblable à l’homme, mais seulement en tant que mère. Et cette situation perdure même, dans nos assemblées, où le fait de se marier et d’avoir des enfants est très important pour une femme. Cette mentalité va à l’encontre même de l’opinion de Paul qui mentionna que le mariage, consiste notamment à user de son temps afin de plaire à son conjoint, alors que le célibataire, cherche à plaire à Adonaï. Oui, nous ne sommes pas tous appelés à un célibat à vie. Mais nous connaissons tous le célibat pendant un temps dans nos vies. Et si on suit bien la recommandation de l’apôtre Paul, si nous avons compris le sens de ses propos, on devrait plutôt valoriser les temps de célibat dans la vie de ceux qui sont appelés au mariage, plutôt que de les condamner. Au lieu de ça, l’entourage, même chrétien, rappelle sans cesse aux femmes que l’horloge biologique tourne, comme si nous n’avions pas un Elohîm capable de nous donner des enfants, peu importe l’âge, ménopause ou pas. Ainsi les chrétiens se retrouvent sous le feu des injonctions. Il faut rentrer dans le moule. Ils rappellent aux célibataires, et à ceux qui n’ont pas d’enfants, ce qui leur manque comme le faisait Peninnah avec Channah. Se souciant peu de savoir si la personne en souffre ou pas, et si à force de recevoir des piques, au lieu d’encouragement, cette personne ne va pas s’irriter contre la volonté du Seigneur, contre les temps et les circonstances qu’il a établi dans la vie de chacun. Malheureusement, dans l’épreuve, il y a toujours des « chrétiens », qui, au lieu de bénir le Seigneur pour ce qu’il leur a donné, estiment bien souvent que ce qu’ils ont reçu de la part d’Elohîm est plutôt à mettre àleur compte: c’est grâce à leurs propres efforts, à leur justice, etc. et ils ne sont pas en paix tant qu’ils ne rappellent pas aux autres ce qu’ils n’ont pas !
« N’entre pas dans le sentier des méchants et ne marche pas dans la voie des mauvais. 15 Évite-la, n’y passe pas ! Détourne-t’en et passe outre ! 16 Car ils ne dorment pas s’ils ne font pas le mal, et leur sommeil est volé s’ils ne font pas trébucher quelqu’un. 17 Parce qu’ils mangent le pain de méchanceté, et qu’ils boivent le vin de la violence. » Mishlei 4 :14-17.
C’est ainsi que Peninnah agissait, elle ne pouvait être en paix, même dans la maison de YHWH, si elle ne rappelait pas à Channah à quel point elle était bénie par le Seigneur et à quel point sa rivale ne l’était pas. Mais ce que Peninnah n’avait pas, c’était le cœur pur de Channah. Et parce qu’elle avait ce cœur, elle était aimée de son mari, qui manifestement était un homme pieux.
Ainsi le chrétien peut manquer de tout, il peut être mis à l’épreuve par le Seigneur aussi rudement que l’a été Iyov, perdre sa famille, ses biens, sa santé… tandis que les méchants jouissent de toutes ces choses. Car pour le Seigneur ces choses ne sont pas essentielles, et ce qui est essentiel, il ne nous le retirera jamais : l’image d’Elohîm en nous, les fruits de l’Esprit, la sainteté, le Royaume d’Elohîm, la présence d’Adonaï, le Saint Esprit. Ces choses qui sont d’un grand prix, qui sont éternelles, le Seigneur ne nous les retirera jamais.
CHANNAH, UN CŒUR PUR, UNE AME EN PEINE
Ainsi Channah avait un cœur pur. Elle aurait pu réagir charnellement, en vexant Peninnah à son tour. Au lieu de ça, elle pleurait et ne mangeait pas. Pire, elle aurait pu se mettre en colère contre YHWH. Au lieu de ça, elle lui a donné ce qu’elle désirait le plus au monde, elle a demandé un enfant pour le Seigneur, pour qu’il soit à son service. Ceci est d’autant plus étonnant qu’elle était dans une grande souffrance, et que son âme était remplie d’amertume : « Elle, ayant l’âme remplie d’amertume, pria YHWH en pleurant, en pleurant. ». Je dis que c’est étonnant car dans le monde chrétien, il n’est pas rare d’invalider les émotions des autres, surtout si elles sont négatives. Si une personne à peur, on lui dit qu’il ne faut pas avoir peur. Si elle est triste, on lui dit qu’elle ne doit pas être triste, etc. Or le fait de dire à une personne ce qu’elle est censée ressentir, n’efface pas le ressenti. Bref, amertume, dépression, peur, tristesse, angoisse, etc, toutes les émotions humaines qui ne sont pas estampillées chrétiennes sont rejetées… Or agir de la sorte, c’est méconnaitre l’être humain et la parole. Car qu’est-ce qu’une émotion ? Selon le Larousse, « Trouble subit, agitation passagère causés par un sentiment vif de peur, de surprise, de joie, etc. : Parler avec émotion de quelqu’un. » « Réaction affective transitoire d’assez grande intensité, habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement. » Nous comprenons à travers cette définition que l’émotion a un caractère passager et qu’elle est provoquée par un évènement extérieur. Ainsi il est normal d’avoir peur quand une voiture nous fonce dessus, c’est normal d’être triste quand, on perd un être cher, c’est normal d’avoir des angoisses quand le monde entre en guerre… Ce qui n’est pas normal pour un chrétien c’est d’agir en fonction des émotions, en fonction de la volonté de son âme, alors que nous devrions agir en fonction de ce que l’Esprit nous communique. Quand le Seigneur était à Gethsémané, il a souffert, il était à l’agonie, et dans une grande angoisse, il aurait préféré que cette coupe s’éloigne de lui. Mais il n’a pas agi en fonction de sa volonté et de son émotion. Car il est tout à fait normal de ne pas vouloir faire la volonté du Seigneur lorsqu’elle nous fait souffrir. Ce qui n’est pas normal en tant que chrétien, c’est de ne pas faire la volonté du Seigneur simplement parce qu’elle nous fait souffrir. Nous sommes ses esclaves, que nous le voulions ou non, nous devons lui obéir.
Ainsi Channah était dans l’amertume, c’est-à-dire, selon CNRTL, dans un « sentiment (ou caractère propre du sentiment) mêlé de découragement et de rancœur, éprouvé à la suite d’un échec, d’une désillusion ». L’amertume c’est aussi le « caractère mordant, agressif (du langage, du comportement d’une pers.) où se reconnaît de la rancœur, du ressentiment ». Selon cette définition lorsqu’une personne éprouve un sentiment d’amertume, cela peut se manifester dans son langage et son comportement. C’est pourquoi l’amertume ne peut que troubler et souiller comme il est dit dans Hébreux chapitre 12 verset 15 : « Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce d’Elohîm, à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant en haut, ne vous trouble, et que beaucoup ne soient souillés par elle. » Mais parce que Channah avait le cœur pur, elle n’a pas agi en fonction de son amertume. Au contraire, elle ne se vengeait pas sur son entourage, elle ne s’en prenait pas à Peninnah en paroles ou en actes, elle ne faisait pas de reproches à YHWH. Dans sa tristesse, elle pleurait et ne mangeait pas. Puis arriva ce jour, où elle se présenta devant le Seigneur, l’âme remplie d’amertume, pour prier.
TOUT CE QUE LE SEIGNEUR NOUS DONNE EST A LUI
L’un des plus grands problèmes de l’être humain c’est qu’il ne reconnait pas l’autorité d’Elohîm sur la Création. Le Seigneur a crée tout ce qui existe, et toutes ces choses lui appartiennent. Ainsi la Terre lui appartient : « Maintenant, si vous obéissez, si vous obéissez à ma voix et si vous gardez mon alliance, vous deviendrez ma propriété parmi tous les peuples, car toute la Terre est à moi » (Shemot 19 :5).
Et tout ce qu’elle contient : « Psaume de David. La Terre appartient à YHWH, avec tout ce qui est en elle, le monde et ceux qui l’habitent ! » Tehilim 24 :1.
Tout est à lui.
De ce fait lorsqu’il nous nourrit, nous habille, nous donne un lieu pour y vivre, y cultiver, y habiter, etc… Il nous donne de ce qui lui appartient. De même lorsqu’il nous donne un enfant, il nous donne un être que lui-même a créé. Or la Parole dans son ensemble nous montre que tout ce qu’il nous donne, il nous le donne pour que nous le servions et non pas pour satisfaire nos désirs charnels.
« D’où viennent parmi vous les guerres et les querelles ? N’est-ce pas de vos plaisirs qui combattent dans vos membres ? 2 Vous convoitez et vous ne possédez pas. Vous assassinez, vous êtes jaloux et vous ne pouvez rien obtenir. Vous combattez et vous faites la guerre. Vous n’avez pas ce que vous désirez, parce que vous ne demandez pas. 3 Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de tout gaspiller pour vos plaisirs. 4 Adultères et femmes adultères ! Ne savez-vous pas que l’amitié pour le monde est inimitié contre Elohîm ? Celui donc qui veut être ami du monde, se rend ennemi d’Elohîm. 5 Pensez-vous que l’Écriture parle en vain ? L’Esprit qui a établi sa demeure en nous a-t-il du désir qui pousse à l’envie ? » Yaacov 4 :1-5.
Ainsi lorsqu’il nous donne un enfant, il nous le donne, afin que nous l’éduquions selon ses principes pour qu’il devienne un serviteur d’Elohîm. Malheureusement, beaucoup de chrétiens éduquent leurs enfants en fonction de leur culture d’origine, en fonction de ce qu’ils auraient aimé avoir quand ils étaient enfants, en fonction d’eux-mêmes. De ce fait, ils font de leurs enfants des êtres à leur image et non pas à l’image de Yéhoshoua. D’autres encore, comblent les manques de leur âme en reportant toutes leurs espérances sur leur enfant. Ainsi Quand Chavvah enfanta Qaiyn, (dont le nom signifie possession, artisan, forgeron), elle déclara : « J’ai acquis un homme avec YHWH. » Bereshit 4 :1. Le mot acquérir, qanah en hébreu signifie « obtenir, acquérir, créer, acheter, posséder ». Ainsi on comprend que Chavvah voulait faire de Qaiyn sa possession. Abel, quant à lui son nom signifie « souffle, vapeur », ce qui définit le mieux un être humain, qui n’est qu’un souffle, une vapeur. Entre temps Chavvah comprit donc ce qu’était l’être humain et nomma son enfant en fonction de son caractère passager.
« YHWH, fais-moi connaître ma fin, quelle est la mesure de mes jours, afin que je sache à quel point je suis éphémère. Voici, tu as donné à mes jours la largeur de la main, la durée de ma vie est comme un rien devant toi. Certainement, tout être humain quoiqu’il soit debout n’est qu’une vapeur. Sélah. » Tehilim 39 :5-6.
Ainsi en voulant posséder son enfant, alors qu’il est la propriété de Yéhoshoua, on finit par en faire ce que l’on veut, mais certainement pas un serviteur d’Elohîm.
Force est de constater que beaucoup de parents, chrétiens ou pas, pensent que leurs enfants sont leur possession. De ce fait, ils se permettent de les traiter comme ils le désirent, et en fonction de leurs envies du moment. Ainsi nombreux sont ceux qui les utilisent comme des punchingball. Ils profitent de leur faiblesse physique, mentale, légale, pour manifester leur toute puissance. Car c’est bien ça la relation parent-enfant. Une relation de tout puissant à tout impuissant. Car que peut faire un petit enfant contre son parent ? Si en tant que parents nous nous servons de cette pseudo-toute-puissance contre notre enfant pour l’écraser et lui imposer notre volonté, il ne pourra pas se défendre. Il ne pourra se construire correctement que si on lui laisse aussi un espace de liberté, en respectant aussi sa volonté. N’oublions pas cette limite que le Seigneur nous impose quand nous éduquons nos enfants: « Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais nourrissez-les jusqu’à maturité par l’éducation et l’avertissement du Seigneur. »
N’irritez pas vos enfants!
Car le Seigneur, lui-même, le Tout-Puissant, ne force pas notre volonté. En un clin d’œil il pourrait soumettre toutes choses à sa volonté et exercer sur nous l’étendue de son pouvoir, mais il ne le fait pas, il ne nous force pas, quand bien même ce que nous faisons ne lui convient pas. Mais il cherche plutôt à nous éduquer et nous enseigner pour que nous soyons aptes à faire les bons choix.
« Je te rendrai intelligent, je t’enseignerai la voie dans laquelle tu dois marcher, je te guiderai de mon œil. 9 Ne devenez pas comme le cheval ni comme le mulet qui sont sans intelligence. Sans le mors et le frein dont on l’orne pour le maîtriser, il n’approche pas de toi. » Tehilim 32 :8-9.
« Moshé dit à YHWH : Excuse-moi, Adonaï ! Je ne suis pas un homme à paroles, ni d’hier, ni d’avant-hier, ni depuis que tu parles à ton serviteur, car j’ai la bouche lourde et la langue lourde. 11 YHWH lui dit : Qui a mis une bouche à l’être humain ? Ou qui rend muet ou sourd, voyant ou aveugle ? N’est-ce pas moi YHWH ? 12 Maintenant, va ! Moi-même je serai avec ta bouche, je t’enseignerai ce dont tu parleras. 13 Il dit : Excuse-moi, Adonaï ! Envoie, s’il te plaît, par la main de qui tu enverras. 14 Les narines de YHWH s’enflammèrent contre Moshé et il lui dit : Aaron le Lévite n’est-il pas ton frère ? Je sais qu’il parlera, il parlera, lui ! Et même le voilà qui vient à ta rencontre, et quand il te verra, il se réjouira dans son cœur. 15 Tu lui parleras et tu mettras ces paroles dans sa bouche. Et moi, je serai avec ta bouche et avec sa bouche, et je vous enseignerai ce que vous ferez. 16 Lui, il parlera pour toi au peuple. Et c’est lui qui deviendra pour toi une bouche, et toi, tu deviendras Elohîm pour lui. 17 Tu prendras aussi dans ta main ce bâton, avec lequel tu feras ces signes-là. » Shemot 4 :10-17.
Ainsi le Seigneur lui-même n’exerce pas une contrainte démesurée sur nous, alors que nous lui appartenons. Il préfère nous enseigner, nous éduquer, nous rendre intelligents, nous laisser souffrir parfois, pour que nous comprenions par nous-mêmes qu’est ce qui est le plus avantageux pour nous. Mais nous-mêmes, lorsque nous devenons parents, nous profitons de la faiblesse de nos enfants pour leur imposer notre vision des choses, notre volonté, notre opinion. Nous les irritons au plus haut point. Et on le fait parce que nous les considérons comme nos possessions. Alors qu’ils sont avant tout des serviteurs de YHWH. Et que nous devrions les traiter de la même manière que le Seigneur nous traite nous, avec respect.
Channah l’avait compris. Elle aurait pu demander un enfant, afin que son opprobre prenne fin, que cet enfant soit sa consolation, mais elle a demandé un enfant pour qu’il soit au service de YHWH et non pas pour satisfaire ses propres besoins. Par cet acte, elle devint une véritable servante d’Elohîm, capable de percevoir et satisfaire d’abord les intérêts du Seigneur. Et parce qu’elle avait fini par réaliser cette évidence, son épreuve prit fin lorsqu’elle fit le vœu de consacrer son petit garçon à YHWH. Ainsi nous comprenons que le but de l’épreuve de Channah, c’était ce vœu.
« J’ai prié pour avoir ce garçon, et YHWH m’a accordé la requête que je lui demandais. 28 Aussi, moi je l’avais demandé pour YHWH : il sera demandé pour YHWH tous les jours de sa vie. Ils se prosternèrent là devant YHWH. » 1 Shemouèl 1:27-28.
Ainsi Shemouèl fut consacré à YHWH tous les jours de sa vie, et devint nazaréen par la volonté de sa mère, par la volonté de Yéhoshoua.
Channah est l’exemple d’une bonne mère. Evidemment elle n’est pas un exemple selon le monde. Car qui considèrerait qu’une bonne mère laisserait son enfant à un inconnu une fois sevré ? D’ailleurs qui considèrerait Abraham comme un bon père ? Lui qui a chassé un de ses fils et qui a tenté de sacrifier l’autre. Pourtant Abraham et Channah étaient de bons parents selon Elohîm. Car à travers l’histoire de Channah, on comprend l’importance d’avoir une bonne mère, une mère qui a saisi la vision du Seigneur pour son enfant et qui le prépare au service. Une mère qui ne fait pas un enfant pour le garder pour elle, pour servir ses intérêts, pour combler sa solitude, ses blessures ou ses déceptions ou pour correspondre à ce que le monde attend d’elle. Car notre identité n’est pas dans notre maternité, mais dans notre filiation. Nous sommes d’abord des enfants d’Elohîm, les filles de Yéhoshoua, nous serons toujours ses filles. Alors que notre maternité n’est que pour un temps, elle ne dure que durant notre vie terrestre. Elle est plutôt éphémère même sur la terre, car notre rôle de mère se transforme à mesure que notre enfant grandit. Alors que notre identité d’enfant d’Elohîm demeure pour l’éternité pourvu que nous ne quittions pas le chemin de la vie. Ainsi en tant qu’enfant du Seigneur notre objectif est de servir ses intérêts d’abord.
« Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton Nom soit sanctifié, 10 que ton royaume vienne, que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la Terre. 11 Donne-nous aujourd’hui notre pain qui nous suffit chaque jour, 12 et remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous les avons remises à nos débiteurs, 13 ne nous amène pas en tentation, mais délivre-nous du mal. Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les âges, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! » Matthaios 6:9-13.
« Elohîm déclara toutes ces paroles en disant : 2 Je suis YHWH ton Elohîm, qui t’ai fait sortir de la terre d’Égypte, de la maison des esclaves. 3 Tu n’auras pas d’autres elohîm contre mes faces. 4 Tu ne te feras pas d’idole, ni une image des choses qui sont là-haut dans les cieux, ni ici-bas sur la Terre, ni dans les eaux sous la terre. 5 Tu ne te prosterneras pas devant elles et tu ne les serviras pas, car je suis YHWH ton Elohîm, le El jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les fils, sur la troisième et sur la quatrième génération de ceux qui me haïssent, 6 et qui use de bonté envers des milliers de ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. 7 Tu ne prendras pas en vain le Nom de YHWH ton Elohîm, car YHWH ne tiendra pas pour innocent celui qui aura pris en vain son Nom. 8 Souviens-toi du jour du shabbat pour le sanctifier. 9 Tu travailleras 6 jours, et tu feras toute ton œuvre. 10 Mais le septième jour est le shabbat pour YHWH ton Elohîm, tu ne feras aucune œuvre, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. 11 Car en 6 jours YHWH a fait les cieux, la Terre, la mer et tout ce qui est en eux, et s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi YHWH a béni le jour du shabbat et l’a sanctifié. 12 Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur le sol que YHWH ton Elohîm te donne. 13 Tu n’assassineras pas. 14 Tu ne commettras pas d’adultère. 15 Tu ne voleras pas. 16 Tu ne témoigneras pas contre ton prochain en faux témoin. 17 Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui soit à ton prochain ». Shemot 20 :1-17.
Dans ces deux passages qui sont des fondements de la vie chrétienne, des fondements de la loi morale et des fondements de la vie de prière, le Seigneur se présente lui et ses intérêts. Il se présente en tant qu’Elohîm, il présente son Nom et établit des règles, « Je suis YHWH, ton Elohîm », son habitat « Notre Père qui es aux cieux », son caractère, « le El jaloux », « Tu ne prendras pas en vain le Nom de YHWH ton Elohîm, car YHWH ne tiendra pas pour innocent celui qui aura pris en vain son Nom », « Que ton Nom soit sanctifié ». Il présente aussi ce qu’il a fait : Je suis YHWH ton Elohîm, qui t’ai fait sortir de la terre d’Égypte, de la maison des esclaves. »
Malgré tout, il arrive que nous retenions plus facilement les passages suivants, ceux qui concernent l’être humain. En effet, il est plus fréquent d’entendre les gens réciter les dix paroles en commençant par « Tu ne tueras point ». Or nous devrions nous souvenir de toute la Parole d’Elohîm, et ne surtout pas oublier ceux qui concernent l’honneur et la dévotion que nous devons au Seigneur. Nous devons d’abord penser aux intérêts d’Elohîm, quand bien même les nôtres sont légitimes. Ainsi le désir premier des enfants d’Elohîm dans la prière doit être que le nom du Seigneur soit sanctifié, que son royaume vienne et que sa volonté soit faite sur la Terre, pas seulement dans leur propre vie. Et c’est seulement dans un deuxième temps que les besoins de l’être humain sont énoncés : la nourriture, la remise des dettes, etc. Ainsi même si les intérêts de l’être humain sont tout à fait légitimes, ils doivent passer en deuxième position.
Comprenons encore, que si l’on veut être pleinement chrétien, tout ce que le Seigneur nous donne nous devons le lui consacrer que ce soit notre vie, nos biens, nos dons, nos enfants… Tout est à lui. Et comme Channah, quand on demande quelque chose à Elohîm, que cette chose soit demandée pour YHWH. Ainsi peu importe ce qui nous manque, mais demandons d’abord toute chose pour qu’elle soit au service de YHWH.
Sarah


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